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Marque & posture · Business · 4 min de lecture

Vendre de l'eau et bâtir une marque à 1,4 milliard. En six ans. Voici le calcul.

De l'eau en canette, un nom qui fait peur, du heavy metal. Le produit le plus banal du monde devenu objet culte. Le secret n'est pas l'eau. C'est ce qu'il y a autour.

Par Amandine Serani, fondatrice de MIxED Agency

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Vendre de l'eau. Le produit le plus banal du monde, celui qui coule gratuitement du robinet. Et en faire une marque à 1,4 milliard de dollars en six ans.

Liquid Death, c'est cette histoire-là. De l'eau en canette, un nom qui fait peur, et une idée que personne n'osait. Du coup, on la décortique.

Vends un spectacle, pas un produit

Le fondateur, Mike Cessario, il le dit lui-même : Liquid Death, ce n'est pas une marque de boissons, c'est du divertissement. De l'eau de source dans une canette de bière, avec le slogan « Assassine ta soif » et des visuels de groupe de metal.

Et là, tout change. Les gens, ils ne partagent pas une bouteille d'eau. Ils partagent un délire. Le produit, lui, reste banal. C'est l'emballage et le ton qui font le bruit.

Des fausses pubs qui ne ressemblent pas à des pubs

Au début, presque tout passe par le contenu organique. Des faux téléachats, des démos dignes d'un film d'horreur, des sketchs. Rien qui ressemble au marketing propre d'une marque de boisson.

Du coup, la leçon tombe. Personne ne suit un compte pour voir des réclames. On le suit pour rire. Liquid Death l'a compris avant tout le monde : tu divertis d'abord, et la vente, elle vient toute seule derrière.

Un produit dérivé qu'on a vraiment envie de porter

Et voilà le détail de génie. Liquid Death sort des sweats, des t-shirts, des casquettes. Sauf qu'ils ne ressemblent pas à des goodies de marque. Ils ressemblent à du merch de groupe de metal.

La différence, elle est énorme. Un t-shirt de marque, personne ne le met. Un t-shirt qu'on trouve cool, on le porte fièrement. Et là, c'est le client qui devient ton panneau publicitaire, gratuitement.

Clive, n'essaie pas de plaire à tous

Un nom qui fait peur, des visuels morbides, un humour noir. Forcément, ça repousse une partie des gens. Et c'est exactement le but.

Une marque tiède, on l'oublie aussitôt. Une marque qui divise, on en parle. Liquid Death a choisi un camp, fort, et ce camp-là est devenu une vraie communauté. Les chiffres ont suivi : 3 millions de dollars en 2020, plus de 300 millions en 2024.

Par où commencer cette semaine

Cette semaine, regarde ton produit, même le plus banal. Et pose-toi une seule question : quelle identité je pourrais lui coller pour qu'on ait envie d'en parler ?

Liquid Death, elle n'a pas vendu de l'eau. Elle a vendu une attitude, et mis de l'eau dedans.

PS. Tu crois que ton offre est trop ordinaire pour faire du bruit ? L'eau aussi. Ce n'est jamais le produit qui est ennuyeux, c'est l'emballage qu'on lui donne.

Amandine Serani
Amandine Serani

À propos de l'autrice

Amandine Serani

Ancienne juriste suisse, aujourd'hui CEO de MIxED Agency. J'aide les experts à devenir la référence de leur marché et à attirer leurs clients naturellement.

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