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Marque & posture · Business · 5 min de lecture

Le livre de Tim Ferriss, tout le monde l'a lu. Son vrai coup de génie, personne ne l'a vu.

La semaine de 4 heures. Cette promesse, des millions de gens y ont cru. Et lui, il en a fait un empire. Mais son vrai coup de génie, il est ailleurs. Pas du tout là où vous l'attendez.

Par Amandine Serani — fondatrice de MIxED Agency

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4 mots sur une couverture.
La semaine de 4 heures.

En 2007, un entrepreneur américain encore inconnu, Tim Ferriss, sort ce livre avec une promesse un peu folle : et si on pouvait tout plaquer, ne travailler que 4 heures par semaine, et gagner sa vie de n'importe où dans le monde ?

Très vite, c'est le phénomène. 2 millions d'exemplaires, autant que d'habitants à Paris ; une quarantaine de langues ; des années dans la liste des best-sellers du New York Times, le classement qui fait référence là-bas.

Bref, la bible de tous ceux qui rêvent d'en faire moins pour gagner plus.

Et des millions de lecteurs qui se disent : enfin.
Quelqu'un a trouvé la solution.

Vous l'ouvrez. Vous y croyez.
Moi aussi, au début.

Et d'un coup une question me vient qui ne me lâche plus.
Lui qui vend la semaine de 4 heures. Il a travaillé combien, en vrai, pour pouvoir l'écrire ?

Alors je suis allée voir.
Derrière la promesse, derrière le titre, derrière l'homme.
Et ce que j'ai trouvé là-dessous ? Rien à voir avec ce que je cherchais.

D'abord, la méthode

Au départ, Tim Ferriss gagne 40 000 dollars par an, et pour ça il travaille 80 heures par semaine : 2 semaines normales tassées en une.
Épuisé.

Et puis il monte une entreprise de compléments, BrainQUICKEN, et là il part d'une idée toute bête : dans une journée, presque rien ne compte vraiment.

Sa méthode, du coup, il la résume en 4 lettres : D.E.A.L. Une par étape.

D comme Définir ce qu'on veut vraiment.
E comme Éliminer. Et là, c'est la fameuse règle des 80/20 : sur 10 clients, 2 font souvent l'essentiel du chiffre, le reste pèse peu. Alors on garde ces 20 % qui comptent, et on lâche tout le reste.

A comme Automatiser ce qui peut l'être.
Et L comme Libérer.

Le résultat ?
40 000 dollars. Mais par mois, cette fois.

Le chiffre claque.
N'empêche, honnêtement, une bonne partie de la méthode tient la route.
Couper l'inutile, déléguer la corvée : ça marche.

Mais voici la première chose que la couverture ne dit pas.
Ce livre, 26 éditeurs sur 27 l'ont refusé.
26.

Le patron d'un grand libraire lui a même envoyé des statistiques de best-sellers pour le décourager : jamais ça ne percerait auprès du grand public.
Et pourtant, ça a percé.
Plus d'1 million d'exemplaires.

Alors forcément, la question se pose : si personne n'en voulait, qu'est-ce qui a tout changé ?

Le vrai coup de génie, c'est le titre

Attendez. Regardez bien le titre.
Vous croyez que c'est une promesse ?
C'est un test.

Parce que « la semaine de 4 heures », ce titre, ce n'est pas Ferriss qui l'a trouvé.
C'est Google.

Voilà comment.
Avant la sortie du livre, il hésitait entre 6 titres. Parmi eux : « Broadband and White Sand », « Millionaire Chameleon », et « La semaine de 4 heures ».

Il lance une petite campagne Google sur chacun. Moins de 200 dollars en tout, le prix d'un dîner en ville.
Et il regarde sur lequel les gens cliquent.

« La semaine de 4 heures » l'emporte.
Il l'avoue lui-même : ce n'était même pas son préféré.
Juste celui qui faisait cliquer.

Et il ne s'arrête pas là.
Imaginez la scène. Un homme seul, attablé dans une librairie de Palo Alto, un café qui refroidit devant lui. Il fait semblant de lire. En vrai, il guette du coin de l'œil quelle couverture les clients attrapent en passant.
Parce qu'avant de choisir la sienne, il a imprimé de fausses couvertures et les a posées sur des livres en rayon, juste pour voir lesquelles donnent envie.

Le titre, ce n'est pas le contenu du livre.
C'est l'appât.
Et l'appât a vendu plus d'1 million d'exemplaires.

Et là, un détail accroche

L'homme qui vous vend la semaine de 4 heures…
c'est l'un des hommes qui travaillent le plus au monde.

1 milliard de téléchargements de podcast. Bout à bout, à 1 heure par épisode, ça ferait plus de 100 000 ans d'écoute.
5 livres numéro un.
Des parts dans Uber, Shopify, Facebook, Duolingo, Alibaba, achetées tôt, quand personne ne les connaissait encore.

Et tout ça, on s'en doute, ça ne s'est pas construit en 4 heures par semaine.
Un tel empire, ça demande des années de travail acharné. Tout le contraire de ce que le titre promet.

Et ce fameux « 40 000 par mois » ?
Ce n'est même pas une phrase du livre. C'est l'argument de l'éditeur, au dos de la couverture.

Et c'est le chiffre d'affaires de son entreprise, pas un salaire.
La nuance change tout : le chiffre d'affaires, c'est tout l'argent qui entre dans l'entreprise, avant de payer les fournisseurs, les salaires, les impôts.

Comme un restaurant qui encaisse 40 000 dollars de repas dans le mois : ce n'est pas ce que le patron met dans sa poche. Loin de là.

Alors, mensonge ?
Non. Pas vraiment.
Tout tient dans un seul mot : « travail ».

Parce que quand Ferriss dit « travail », il ne parle que de ce qu'il n'aime pas faire : les corvées, ce qu'on repousse sans cesse.
Le reste, écrire, interviewer, investir, tout ce qu'il adore, il ne l'appelle même pas « travail ».

Du coup, ses « 4 heures », forcément, ce n'est pas le temps qu'il passe à construire tout ça.
C'est ce qu'il garde une fois la machine lancée.
L'arrivée, donc. Pas le départ.

Le principe à voler

La leçon, ce n'est pas « travaillez 4 heures ».
C'est l'inverse.

En clair : faites le travail difficile une bonne fois. Automatisez la corvée. Et construisez un nom qui travaille pour vous, même quand vous dormez.

La promesse, elle vend le livre.
L'empire, lui, c'est le positionnement qui le construit.

Le vrai génie de Ferriss n'est pas dans sa méthode.
Il est dans son titre.
Il a compris avant tout le monde une chose toute simple. Le positionnement, c'est la place que vous occupez dans la tête des gens. La petite phrase qui leur vient quand on prononce votre nom. Et cette place-là, ce n'est pas l'emballage du produit. C'est le produit.

Ce que vous pouvez faire cette semaine

Prenez votre offre. Votre service. Votre contenu.
Et posez-vous la seule question qui compte, celle de Ferriss : quel titre ferait cliquer un inconnu ?

Pas le plus exact.
Le plus magnétique.
Celui qui donne envie d'ouvrir.

Lui a testé le sien sur Google pour moins de 200 dollars.
Vous, vous pouvez tester le vôtre sur votre audience dès demain.

Parce qu'au fond, la vraie question n'est pas combien d'heures vous travaillez.
C'est : est-ce qu'on retient votre nom ?

PS. Vous avez une vraie expertise, mais un positionnement tiède ? C'est exactement là que j'interviens.

Amandine Serani