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Offre & monétisation · Personal brand · 6 min de lecture

Il écrit 2 heures par jour. Le reste, je ne l'avais pas vu venir.

Un homme texte son père pour lui emprunter de l'argent. Quelques années plus tard, il facture des millions sans un seul employé. Entre les deux, il y a un mécanisme, et il n'est pas du tout là où on regarde.

Par Amandine Serani — fondatrice de MIxED Agency

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Imaginez le message, et le pouce qui hésite au-dessus de l'écran.

« Hey papa… dis, je peux euh… t'emprunter quelques milliers de dollars ? »

L'homme qui tape ça s'appelle Dan Koe, et à ce moment-là il n'est rien de ce qu'il deviendra.

Il a cramé l'argent de son père dans une marque de lunettes anti-lumière bleue, explosé sa première carte de crédit, et il le dit lui-même, sans fard : « je ne voyais pas le bout. »

Le trou. Le vrai.

Maintenant, avancez de quelques années. Le même pouce, le même homme.

Sauf qu'il écrit à peine 2 heures par jour, et qu'il encaisse plusieurs millions par an.

Comment on passe du SMS au père aux millions ? La réponse évidente, ce serait qu'il a percé : une audience, de la viralité, le bon post au bon moment.

Sauf que non. Plus je creusais, plus c'était l'inverse de ce que je croyais.

Avant d'aller plus loin, je dois vous avouer une chose. Pendant des années, j'ai cru qu'il fallait des dizaines de milliers de fans pour vivre de ce qu'on poste.

Alors j'ai couru après les vues, vendu mon temps à l'heure, répondu à tout, partout, tout le temps, et plus l'audience montait, moins je gagnais ma vie tranquille.

Ce que Koe a compris, moi, je l'ai compris à l'envers, dans la fatigue.

Alors je vous repose la question, mais pour vous cette fois. Votre marque perso, celle que vous bâtissez ou que vous rêvez de bâtir, elle repose sur quoi, au juste ?

Écrire avant de vendre

Par où on commence quand on n'a rien à vendre ?

Pas par le produit. Koe, lui, commence par écrire en public, pour personne au début.

Le moteur, c'est une newsletter : une longue lettre qu'il rédige, puis qu'il découpe et redistribue sur sept canaux, en vidéos, en fils, en podcast. Une fois écrite, elle vit partout.

L'audience d'abord. Les produits, après.

Et il y a une phrase de lui qui m'a arrêtée. Sur tous les compteurs qui clignotent, abonnés par-ci, vues par-là, il en garde un seul :

« Votre liste email, c'est le seul vrai compteur d'abonnés. Tout le reste ne veut pas dire grand-chose. »

Pourquoi celui-là ? Parce que c'est le seul qu'il possède. Le reste, il le loue à des plateformes qui peuvent fermer le robinet du jour au lendemain.

Et voici le détail qui devrait vous soulager. Chez Koe, le retournement n'arrive pas avec des millions de fans : il arrive avec 500 abonnés.

Cinq cents, de quoi remplir une petite salle. Avec ça et un cours sur le freelancing, il fait 3 000 dollars par mois.

500 personnes. 3 000 dollars. Retenez ce ratio.

Parce que tout le renversement est là : l'audience n'est pas le but, c'est le terrain. On écrit pour être lu, pas pour être vu.

Et le seul chiffre qui compte vraiment, c'est celui que personne ne peut vous reprendre.

Il ne vend pas son temps

D'accord. Une fois qu'on est lu, on vend quoi ? Son temps, comme tout le monde ?

C'est là que tout bascule, et c'est le cœur de l'affaire.

Au début, Koe vend ce que vendent les freelances, des heures, du conseil, sa présence contre de l'argent, et son tout premier dollar gagné en ligne, il le raconte avec une honnêteté rare :

« Le premier dollar en ligne, c'était grisant. Mais je me sentais comme une merde de faire attendre les gens 30 jours pour le produit. »

Vous avez bien lu. Il a vendu de la camelote avant de vendre autre chose, et le moteur n'a rien d'immaculé au départ.

Puis, un jour daté, le 29 mars 2021, il lance une chose qui s'appelle Modern Mastery HQ. Et là, il arrête de vendre des heures : il vend un chemin.

Pas une prestation, mais une façon de se tenir debout, de se lever le matin sans se détester. Une transformation.

La formule qu'il répète, c'est celle-ci : « le but, c'est d'être payé pour être soi. »

Vous croyez qu'il vend un cours. Sauf que non. Ce qu'il vend, c'est une identité, une manière de vivre que ses lecteurs veulent pour eux. Et une identité, ça ne se facture pas à l'heure.

L'autre phrase, plus concrète, qui résume tout le moteur : « Résous tes propres problèmes, et vends la solution. »

Le vrai pivot est là : ne vendez pas un service interchangeable, que n'importe qui pourrait remplacer, mais la transformation que vous avez vous-même traversée.

Le jour où ce que vous vendez n'est plus indexé sur vos heures, ça change de nature.

De l'offert au premium

Bon. Mais entre lire un post offert et payer plusieurs milliers, il y a un gouffre. Comment on le franchit ?

Par des marches, une à la fois.

En bas, le contenu offert, massif, visible de tous. Au-dessus, des produits qui montent en prix.

Un abonnement à partir d'une trentaine de dollars par mois, puis des formations plus chères, puis du premium jusqu'à plusieurs milliers. Chaque étage donne envie de monter au suivant.

Et il a posté son propre escalier de revenus. Lisez-le ligne à ligne, c'est lui qui parle :

« Revenus de mon business de créateur, arrondis. 2019 : 10 000. 2020 : 100 000. 2021 : 150 000. 2022 : 800 000. 2023 : 2 500 000, projeté. Et par pitié, n'abandonnez pas au bout de 2 mois. »

Dix mille. Cent mille. Huit cent mille. Deux millions et demi. Chaque marche, dix fois plus haute, ou presque.

Et au sommet, le chiffre qui fait vraiment tourner la tête. Cette entreprise, c'est une seule personne, lui.

Autour de 4 millions de dollars par an, une marge proche de 100 %, zéro employé. Presque tout ce qui rentre, reste.

Retenez la marche du bas. Le contenu offert n'est pas un cadeau, c'est la première marche.

On laisse le lecteur monter à son rythme, et on construit chaque étage pour qu'il appelle le suivant.

150 millions de vues

Alors c'est ça, la recette ? Écrire, percer, encaisser ?

J'aimerais. Mais c'est ici que ça se complique, et que tombe ce que je vous cachais depuis le début.

Un jour, Koe publie un article intitulé « Comment réparer toute ta vie en 1 jour ». Le post part, et il part très fort : en une semaine, il atteint 150 millions de vues.

Cent cinquante millions. Vous imaginez le jackpot derrière un chiffre pareil.

Ce post lui a rapporté 4 495 dollars.

Relisez. Pas 4 millions. Quatre mille quatre cent quatre-vingt-quinze dollars, le partage de revenus de la plateforme sur 14 jours, pour 150 millions de paires d'yeux.

Voilà ce qui se fissure d'abord. La viralité, ce feu d'artifice que tout le monde court après, ne paie quasiment rien.

L'argent ne vient pas des vues, il vient de tout ce qu'il y a derrière : les produits, la newsletter, les livres. Le moteur est invisible.

Ce qu'on admire à la surface n'est pas ce qui le fait vivre.

Et il y a un deuxième problème, plus gênant. Quand des milliers de gens copient le même playbook, l'avantage s'évapore.

Et des critiques le disent sans détour : beaucoup de ceux qui suivent Koe gagneraient davantage avec un salaire les deux premières années, et la plupart abandonnent avant même six mois.

Lui montre ses revenus. Il montre moins les taux d'échec.

Il faut être juste, pourtant. Même ses détracteurs lui reconnaissent une chose : il donne ses meilleures idées sans rien faire payer, là où tant d'autres vendent du vent.

Le moteur est réel. C'est la facilité qui est un mensonge.

Et c'est exactement là que ses propres phrases prennent tout leur sens. « 9 boîtes sur 10 échouent ? OK, alors lances-en 10. »

Et l'autre, en bas de son escalier de chiffres : « n'abandonnez pas au bout de 2 mois. »

La vraie question n'est donc pas « comment devenir viral ». C'est « qu'est-ce que je vends derrière, et est-ce vraiment moi ? ».

Au pied de la première marche

Revenons au SMS au père. Au trou. Aux 500 abonnés.

C'est ça, le plus important dans toute cette histoire. Pas les millions au sommet, ceux-là, personne ne vous les garantit.

La première marche, elle, est à votre portée, comme elle l'était à la sienne quand il n'avait rien.

Vous n'êtes pas en retard. Vous êtes au pied de la première marche.

Alors voilà ce que vous pouvez faire cette semaine, une seule chose : choisissez un problème que vous avez vous-même résolu, un vrai, un que vous avez traversé, et écrivez-le.

Publiquement. Une fois, sans rien vendre au bout.

Juste pour voir qui répond.

Pas le post à 150 millions de vues. La marche à 500 personnes. Résolvez vos propres problèmes, et racontez la solution.

Le reste, c'est un escalier. On le monte une marche à la fois.

À dimanche prochain ✨

PS. Est-ce que ça vous intéresse que je décortique en entier la mécanique d'un créateur qui vit de sa plume, pour que vous puissiez poser votre première marche dès cette semaine ?

Amandine Serani