Marque & posture · Podcast · 6 min de lecture
Le podcast de Steven Bartlett, tout le monde le voit. Ce qu'il a gardé derrière, personne ne le regarde.
Diary of a CEO : 40 millions de téléchargements par mois, plus d'un milliard d'écoutes. Son entreprise vaut 425 millions de dollars. Et l'essentiel ne se joue pas dans le micro. Voici la mécanique, à voler.
Par Amandine Serani, fondatrice de MIxED Agency
Le micro n'est que la partie visible
Diary of a CEO. 40 millions de téléchargements par mois. Plus d'un milliard d'écoutes. Plus de 9 millions d'abonnés sur YouTube.
Steven Bartlett pose des questions à des invités. C'est tout, en apparence.
Et puis vous regardez la structure derrière.
Son entreprise vient d'être valorisée 425 millions de dollars. Il en détient encore plus de 90 %.
Le génie n'est pas dans le micro. Il est dans ce qu'il a construit autour, et dans ce qu'il a refusé de lâcher.
Le podcast n'est pas le business
Tout le monde voit un podcast. Lui a construit une holding, Steven.com, qui chapeaute ses marques.
Dedans : le studio qui produit l'émission, une plateforme pour produire d'autres podcasts, un fonds d'investissement.
Le podcast, c'est la partie visible. La vraie machine, c'est tout ce qui gravite autour et transforme l'attention en plusieurs sources de revenus.
Diary of a CEO a généré 20 millions de dollars en une seule année. Et ce n'est qu'une pièce de l'ensemble.
Le principe à reprendre : ne soyez pas juste le créateur du contenu. Soyez le propriétaire du système autour.
Il a gardé ce que tout le monde brade
Quand on perce, les offres pleuvent. Vendez des parts. Prenez le gros chèque. Lâchez du contrôle.
Bartlett a fait l'inverse. Il a levé de l'argent, et il a gardé plus de 90 % de sa société.
Pourquoi ça compte ? Parce que la valeur n'est pas dans ce que vous gagnez ce mois-ci. Elle est dans ce que vous possédez quand l'actif prend de la valeur.
Un créateur loue son audience à une plateforme. Bartlett, lui, possède l'entreprise. Et ça, ça se compte en centaines de millions.
Sa vraie compétence : il ne parle pas, il demande
Regardez ses épisodes. Il parle peu. Il pose une question, puis il se tait. Et l'invité fait tout le travail.
La plupart des gens, au micro, veulent prouver qu'ils savent. Bartlett fait l'inverse : il pose sa question, et il se tait.
Plus il s'efface, plus on l'écoute. On ne reste pas pour lui, on reste pour ce qu'il tire de ses invités.
À voler : le meilleur contenu ne sert pas à prouver que vous êtes intelligent. Il met l'autre en valeur, et c'est vous qu'on remercie.
Le revers
Une holding posée sur un visage a une fragilité. Ce visage, c'est lui.
S'il s'éteint, l'émission s'éteint. C'est pour ça qu'il diversifie vite : d'autres émissions, un fonds, des produits. Pour que la machine ne dépende plus d'un seul micro.
Construire au-delà de soi, c'est le seul moyen de transformer une notoriété en patrimoine.
Trois questions à vous poser
1- Autour de votre contenu, demandez-vous ce que vous possédez vraiment. Une liste, une marque, une structure. Pas juste une présence louée.
2- Dans votre prochaine prise de parole, parlez moins, demandez plus. Laissez l'autre briller, gardez le cadre.
3- Avant de vendre des parts de ce que vous créez, demandez-vous ce que ça vaudra dans 5 ans. La patience, ça paie.
Bartlett n'a pas percé parce qu'il parlait mieux que les autres. Il a percé parce qu'il a gardé une chose que presque tout le monde lâche : le contrôle de son système.
PS. De tout ce que vous avez construit en ligne, qu'est-ce qui vous appartient vraiment ? Si la réponse est « rien », commencez par là.


À propos de l'autrice
Amandine Serani
Ancienne juriste suisse, aujourd'hui CEO de MIxED Agency. J'aide les experts à devenir la référence de leur marché et à attirer leurs clients naturellement.
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